Review

Dimgames évolue, dorénavant le site proposera  des critiques de films du moment  ;) Cette fois ci nous avons eu l’occasion de découvrir Abraham Lincoln : Chasseur de Vampires mais au final le film est bien décevant….

Abraham Lincolm : chasseur de Vampires sonne comme un nanar biopick hollywoodien au second degré avec des effets super-spéciaux et son fond moralisateur : « God bless America ». Et l’on est servi, le film est irréaliste : C’est l’histoire de la face cachée de Abraham Lincoln qui, poussé par un désir de vengeance, décide de dézinguer à coup de hache, symbole de destruction, des vampires façon Wild Wild West. Puis, Abraham Lincoln est un défendeur de la liberté des hommes, et part combattre l’esclavage par les armes politiques.

Car si le personnage principal est un bourrin qui a une fâcheuse tendance à rentrer dans le tas pour détruire ses ennemis, le réalisateur a ce même problème avec la mise en scène et nous empêche d’avoir du recul pour apprécier l’absurdité du film. En effet, on a le cul entre deux chaises : le réalisateur alterne des scènes d’actions délirantes, comme lorsqu’un vampire balance un cheval sur notre héros et que celui-ci attrape et monte sur la bête dans la chute en un rien de temps, à des scènes politiques et culturelles sur l’esclavage abrégé par les phrases pertinentes. Le réalisateur a-t-il peur de ne pas être compris ? L’auteur se répète et raccorde ses scènes par de la narration et c’est là-dessus que l’histoire tombe à l’eau et rentre dans le nanar, car au lieu de se poser une réflexion sur son histoire (bonne utilisation d’une narration), l’auteur l’utilise pour relier les séquences entre elles, ou expliquer une mise en scène. On glisse de scènes en scènes alors qu’elles pourraient être une force scénaristique, un apport en plus de l’absurdité dans l’Histoire, et ainsi on a un film de deux heures trente transformé en une heure trente (sûrement du a une production hollywoodienne : le réalisateur n’a pas le dernier mot artistique sur le film, le final cut).

abrahamabraham

Pourtant, même si le scénario est faible, le réalisateur montre un talent exceptionnel pour le découpage : c’est la force du film. On comprend l’action, et les plans sont nécessaires dans le temps de la compréhension (on ne repasse pas la bande une seconde fois de tout le film) grâce à l’utilisation de ralenti-accéléré. On a la sensation d’un « 300 », sauf qu’ici, la source picturale n’est pas les peintres italiens mais le manga ou la bande dessiné, même si on aurait tendance à penser qu’Abraham Lincoln joue à « Buffy contre les vampires » en repeignant le décor avec sa hache ensanglantée en la faisant jongler comme un bâton de majorette… mais ça, c’était prévisible dans le titre et justement c’est le kiff ! Voir le fondateur de l’abolition de l’esclavage manié le symbole de la révolution que ce soit la hache des indiens pendant la conquête vers l’Ouest, le meurtre à la hache d’un esclave sur son maître ou l’outil qui a permis aux pionniers de construire l’Amérique, l’union du fer et du bois qui symbolise l’union dans le Christ de la nature divine et de la nature humaine, un instrument de libération guidé par le défenseur des droits de l’égalité qui s’abat comme la foudre sur l’oppression des vampires, voilà la symbolique du film.

Malheureusement, le réalisateur tente vaguement de remplacer le symbole  par la plume (Lincoln tiens un journal de ses aventures), on écrit l’histoire comme on écrit la bible : « Tout est là mon amie, le bon comme le mauvais » dit Abraham en prenant juste après sa hache lorsqu’on lui demande ce qu’il écrit de si important, ou encore : « la question de l’esclavage peut-être mieux traité avec une plume qu’avec une épée »  dit-il lorsqu’il devient président… et finalement tout ça, on s’en fout ! Il fallait faire un choix de mise en scène et on nous sert du premier degré dans  le second degré, et ça ne marche pas.

Abraham-Lincoln abraham-lincoln

Bref, un nanar intello décomplexé qui n’est pas si décevant par son exercice de style dans les scènes d’actions vraiment impressionnantes. Même si la bande son est un peu faiblarde, ça passe très bien avec deux bibines et 3-4 potes en after soirée foot après avoir accusé la défaite de son équipe.

Mention spéciale pour Benjamin Walker, le futur Liam Neeson.

Rémi Barthez

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